vendredi 22 janvier 2016

Le dimanche

Assise à la table, tu écris. Quoi ? Pour l'instant personne ne sait. Quel jour est-il ? Dimanche. Tu t'es levée tard, tu as traîné au lit. Ça t'a fait du bien, même si tu sais que demain matin ça en sera d'autant plus dur. Peu importe. Tu t'es levée vers quoi, onze heures ? Tu avais faim, et ta vessie se rappelait à toi. Tu ne t'es pas habillée – c'est dimanche, quel intérêt ? En pyjama, tu as virevolté dans la cuisine pour élaborer en un tour de main une sorte de petit-déjeuner, puis tu t'es affalée dans le canapé. C'est dimanche. Le jour où, dans toute la journée, tu vas marcher quelque chose comme cinquante mètres, maximum. La porte de chez toi va rester bien fermée, et tu ne sentiras l'air du dehors que si, peut-être, à un moment donné, tu ouvres la fenêtre. Assise en tailleur sur les coussins, tu mâchonnes ton sandwich d'une main, tes bouchées de temps à autre noyées par une gorgée de thé, de l'autre tu tapotes ton clavier. Tu écris. C'est dimanche matin, le monde du dehors n'est qu'un vague murmure que tu as vite oublié, tu es seule sur ta barque tandis que sous tes doigts se déroule, autrement plus vivant, le monde qui vit dans ta tête.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire