vendredi 3 janvier 2014

Bruits de banc

Deux gamins qui discutent sur un banc. Une image de la vie de cité, vue à travers le verre déformant de mon imagination. Enfin c'était surtout une bonne occasion de se tripper à écrire de l'argot.

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« Hé, téma la bebon.
- De qui ?
- La meuf, là. Sa mère elle est chanmé !
- Wôo, pas touche, cousin !
- D'où ? C'est quoi l'embrouille ?
- Juste laisse béton, gars. Je la connais, c'est Ania. C'est une gadji de narvalo. T'as zéro chances, tu vas te ramasser. En plus y a moyen que tu lui foutes la jeura et là ma parole elle va te faire chialer.
- Mais nawak ! Elle est plus keusse que mon refrè, je la casse en deux en soufflant dessus ! J'suis un ti'mâle, ouam ! Téma la technique, bouffon.
- Lâche l'affaire, ma gueule ! Je te promets t'es pas assez stoc pour accrocher la miss en pétard. Y a un golmon qu'a fait la même boulette y a deux semaines, il a mangé ses dents. Le con il doit être en train de tiser sa peusou de mamie à la paille en ce moment.
- T'es sérieux là ?
- Mais ouais. Attends, je te raconte. C'était au barbec' d'Omar. Le pélo il se ramène genre bogoss' avec tous ses scarlas, et il se tape l'incruste, tu vois. En plus il parle fort, et il se sert comme ça genre il est chez lui. Le truc c'est qu'ils sortaient des Œillets, donc personne moufte. Omar et tout le crew ils étaient derrière à méfu en mode posés, du coup ils ont pas capté que l'autre était là à caguer dans le bocal. Les keums ils s'installent, pépères, et ils commencent à foutre la zone, à taper les petits et à emmerder les cousines. Là t'as Ania qui se lève et qui pique une bonne gueulante de derrière les fagots. Les keums ils font pas trop les malins parce que la miss elle envoie du lourd quand elle se vénère. T'as juste l'autre cassoce qu'est déjà à moitié torché et qui du coup bitte que dalle. Le con il se tape des barres à voir la frangine jouer sa daronne. Même il se met à la tchatter en mode relou, vachement près, limite il se frotte tu vois. Y avait son keum à côté de moi, je lui fais : « Gars, y a ta meuf qui le vit pas top top là. » Tu sais ce qu'il me réponds ? « T'inquiète, gamin, elle est assez grande pour se défendre. » Je te promets j'étais sur le cul. Le gars il se fend à moitié la gueule alors que sa nana est en train de se faire casser les couilles par un branleur de mes deux ! C'est après que j'ai capté. L'autre teubé il continue à la coller, et genre il la coince contre la table. Et puis d'un coup il lui met les deux mains aux seufs, comme asse. La miss elle a pas gambergé, direct elle lui a balancé une mandale. Mais pas une quecla de gonzesse, non non, une bonne grosse patate de bonhomme mon gars, un truc de ouf ! Le type il se vautre chanmé, il a le pif qui pisse du sang, une putain de fontaine ! Il gueule sa mère en se remettant debout, et genre il veut la savater. L'erreur de sa vie ! Elle lui a choppé les yoc ma parole, sévère, genre broyeur moulinex. La vie de ma mère rien qu'à mater j'ai eu mal aux boules toute la soirée. Le gars il hurlait que même le deux-tons des kisdés à côté c'est une berceuse. Tout le monde était plié en deux, même Omar et les autres qui étaient revenus et qui étaient encore plus morts de rire à cause du teuteu. Les soces de l'autre banane ils se sont taillés en deux-deux quand ils les ont vus se ramener à vingt-cinq. Mais le type c'est tellement un blaireau qu'il continue à parler mal. Du coup Ania elle en peut plus et elle lui plante un coup de tête direct dans son tarin en vrac. Le mec il s'est rétamé raide. Je te jure, cash à l'hosto. Et depuis il sort plus de chez lui.
- Ah ouais mais je vois trop c'est qui ! C'est le gros Ahmed !
- Ouais voilà ! Ahmed face de pépito. Le pote de Selim.
- Nan nan, de Carlos. Tu sais, les raclos du 52. Selim il est dans la bande à J-C.
- T'es sûr ?
- La vie de ma mère. Eh mais c'est qui le bouboule qui tape la discute à Ania ?
- Bah c'est son mec, Titou.
- Ouahouahouah deux secondes. Je capte pas. Le keum c'est moitié un bibendum, il est plus babtou que Pierrot la cefran et mate les sapes de charclo qu'il se trimballe. Qu'est-ce qu'il fout avec une bebon comme Ania ?
- Quoi ? Mais gars mais t'as craqué ton slip ! Tu parles pas comme ça de Titou, hein ! Titou c'est une putain de légende ! Personne lui parle mal. Même Saïd il le respecte !
- Quoi Saïd le barjo ? Sérieux ?
- Mais t'es sûr que t'habites aux Rosiers toi ? Faut sortir ma gueule, sinon on va te finir par te retrouver clamsé sous tes divx !
- Vas-y arrête de bréchan, tocard. Raconte plutôt.
- Ok ok. C'était l'année dernière, à l'anniv' de Sonia. On était tous sortis en teboi pour marquer le coup, une teuf de ouf, à l'ancienne. On s'est bien donné, mon con, dommage que t'ai pas pu venir. Titou c'est pas trop son truc, du coup il avait lâché la résoi pour aller tiser avec ses potos. Et donc quand on s'est tiré, Ania elle restée avec nous pendant genre cinq minutes, le temps que Titou se pointe avec sa gamos. Pas de chatte, c'est pile là que t'as trois relous qui débarquent, mais bien relou hein, du relou de compèt' ! Et puis pas des gentils : des putain de chetrons de tueurs, tu captes ? Stocma comme c'est pas possible, genre cailles de la sous-zone qui maravent les tchétchènes au petit dej', avec toujours une barre ou un feu sur eux, t'sais. La vie de ma mère je faisais dans mon fût' et tout le monde pareil. C'était une soirée pépère tu vois, pas de zonard ou de cailleras, que des petites sœurs et des daronnes, ou des crevettes comme ouam ou JP. Les keums ils étaient pas là pour se marrer, ils cherchaient grave la demer. Y avait qu'Ania d'assez narvalo pour ouvrir sa bouche. Sauf qu'elle aurait carrément pas dû cette fois. Le gros il l'a choppée direct et il l'a calée contre le mur pendant que les deux autres pedzouilles ils golri. Ania elle pouvait rien faire, le keum c'était trop une masse, mais putain elle était grave vénère et sa mère ça s'entendait. Le gonze ça le branche pas trop de se faire tailler par une crasseuse, du coup il lui a collé une grosse tarte dans sa gueule. Tout le monde s'est écrasé, sauf Ania qui s'en est mangé une deuxième du coup. C'est là que t'as Titou qui débarque, avec sa titine à deux balles. Il est peace, le Titou, il faut y aller pour le vénère. Et puis c'est le genre à utiliser sa bouche en premier. Sa mère comment y en a qui se sont fait tailler chanmé à lui casser un peu trop les yeucou. Une fois je l'ai bréchan un peu sec, sur le Coran plus jamais je le referai. Mais sa meuf c'est hors limites, tu raques cash. Il a même pas gambergé deux secondes, il est allé direct técla dans le mur les teutés des deux trous de balle qui se bidonnaient. Comme asse. KO direct. J'te jure, on voit encore les marques. L'autre pareil. Il l'a pécho par la touffe, et bim ! dans la lourde du Sunset. C'est pour ça le trou dedans. Mais l'autre gueudin c'était un mastard, rien à carrer d'être passé à travers le bois. Le barge il sort un putain de surin ! Là Titou il se vénère grave, jamais vu ça. Il le cravate à la gorge et il commence à lui caler mandale sur mandale. Il se fait schlasser de partout mais il en a rien à branler. Il bouge pas et il continue à envoyer les patates. Bim ! Bim ! Bim ! Bim ! Ça résonne dans toute la rue ! À un moment l'autre il bouge plus. Titou lui il saigne de partout. Ils ont tous les deux fini à l'hosto. Sauf que l'autre allumé on l'a jamais revu traîner dans le bloc.
- Et bah putain…
- C'est pour ça, cousin. Même Saïd il leur fait pas peur, tellement ils sont tarés. Du coup lui il les kiffe bien.
- Cimer' du conseil en tout cas.
- Que dalle. En vrai ils sont tranquilles quand tu les connais.
- Eh c'est pas Jacquot là-bas ? Il me doit de la thune, cet enculé.
- Eh t'as déjà vu sa reusse ? Paie ta biatch !
- Wallah ! Comment il doit trop douiller Ludo avec une meuf aussi relou !
- Ha ha ! Trop !
- Vas-y j'ai la dalle. On se prend un kebab ?
- Pas con. Comme ça on pourra passer chez Zebi récupérer de la beuh.
- Ça ça me plaît bien. On n'aura plus qu'à pécho de la tise et de la graille pour ce soir.
- À l'ancienne, mon frère. »

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